Le nouvel article, dont le titre est « « Ceux qui applaudissent Patrick Bruel sont-ils des salauds ? » », vient d’être publié.
LA TRIBUNE DIMANCHE – Comprenez-vous l’argument des maires qui appellent Patrick Bruel à suspendre sa tournée « pour que la justice puisse travailler sereinement » ?
PATRICK KLUGMAN – Assez tristement, une affaire judiciaire devient un débat de société et le débat de société se transforme en débat politique. La réalité, c’est que les politiques répondent mal, car la question est adressée aux mauvais destinataires. Dès qu’une affaire judiciaire devient une affaire politique, c’est la justice qui en pâtit.
De nombreuses femmes rapportent des faits commis dans le cadre du métier de Patrick Bruel, dans des loges, sur des tournages. Le principe de précaution ne doit-il pas s’appliquer, comme c’est le cas dans le périscolaire ?
On ferait de Patrick Bruel non plus un suspect présumé innocent, mais un homme dangereux. Il n’y a pas ici de notion de dangerosité mais de gravité de l’accusation, ce qui n’a rien à voir.
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Il peut arriver qu’un patron d’une entreprise décide de suspendre un employé accusé, le temps de l’enquête. Pourquoi pas là ?
Aujourd’hui, pour le spectacle vivant ou le cinéma, il existe des dispositifs particuliers. Si la justice avait estimé qu’il y avait le moindre problème avec l’activité de Patrick Bruel, elle aurait pris des mesures car elle en a le pouvoir. Constatons que ce n’est pas le cas.
Ça ne vous gêne pas qu’en dépit des dizaines de témoignages accablants et du nombre d’enquêtes judiciaires ouvertes il soit acclamé sur scène près de cinquante soirs d’ici à la fin de l’année ?
C’est une question qui relève de chacun, pas d’une mesure de police. Vous avez deux risques dans une affaire quand le mis en cause est un homme ou une femme publique. Le premier, ce sont les partisans qui disent « vu qui il est, ça ne peut pas être vrai, je n’y crois pas ». C’est la négation de la parole de l’accusation. Et puis, vous avez le risque inverse de réduire quelqu’un qui a une vie, une carrière, à une accusation qui, en l’état, n’a pas fait l’objet d’une vérification. N’oublions pas le public, il y a des gens qui se saignent pour aller voir un chanteur qu’ils aiment bien. Est-ce que ceux qui veulent aller applaudir Patrick Bruel, y compris un public féminin, sont des salauds ? Le fait que le concert puisse se tenir, alors qu’il est accusé mais présumé innocent, relève aussi de la bonne organisation d’une société démocratique.
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